Réforme des universités : conséquences sociales pour les étudiants de Charleville-Mézières.

Publié le par PS Charleville

--tudiant-en-solde.pngDepuis la rentrée, c'est dans l'indifférence générale que le monde étudiant est mobilisé contre la réforme Pécresse sur l'autonomie des universités. Avec le risque de convergence entre étudiants et monde ouvrier mobilisé sur la question des retraites, l'agitation gagne soudain le gouvernement.
Que dit cette loi "relative aux libertés et responsabilités des universités ?" (pdf)


C'est comme souvent avec l'UMP un texte fourre-tout
, nous aurons l'occasion d'y revenir. Schématiquement, elle renforce les prérogatives des présidents d'université, réduit le poids des représentants des étudiants et des salariés au Conseil d'Administration, renforce la précarité des personnels. Elle ouvre la possibilité d'élire un Président-gestionnaire et non plus exclusivement un universitaire.

 

L'aspect qui concerne plus directement l'enseignement suppérieur à Charleville-Mézières, c'est l'élargissement de l'autonomie financière et la fin du fléchage des crédits. L'Etat attribuera à chaque université une enveloppe globale sans tenir compte des évolutions de la communauté scientifique, des besoins de chaque site, des nécessités de chaque filière. Prendre ainsi à rebours les pratiques de transparence et de saine gestion est assez curieux.

 

A charge pour les responsables locaux de trouver des ressources propres ou de mettre un terme à certains enseignements hors de toute considération vis-à-vis des besoins stratégiques de la Nation ou de l'Europe.

Or nous avons l'expérience, nous savons les conséquences de ce type de réforme. Au Québec, il y a 3 ans de cela, le gouvernement libéral a donné plus d'autonomie et moins d'argent à l'Université du Québec à Montréal (UQÀM), une université publique d'Etat. Suite à une baisse des fonds du gouvernement, les dirigeants de l'UQÀM ont du aller chercher d'autres sources de financement notamment en achetant dans le secteur immobilier et en spéculant sur une revente future avec plus value en prévision d'une crise dans l'immobilier.
L'UQÀM se retrouve maintenant avec une dette de plus de 300 millions de dollars canadiens et des frais de scolarité qui vont augmenter de plus de 50% en 5 ans.
Voila ce qu'il pourrait se passer en France si les universités sont obligées de prendre des risques financiers. Les étudiants de L'UQÀM se sont prononcés sur une grève d'une semaine à partir de jeudi 8 novembre.

La loi Pécresse prévoit que chaque université sera plus largement responsable de trouver des fonds propres au moyen par exemple de fondations privées. D'ors et déjà, les frais d'inscriptions ne cessent de croître, certaines universités ont même recours au sponsoring de la BNP pour financer les frais de scolarité.

 
 

Depuis cette année, conformément aux engagements de Claudine Ledoux, la commune de Charleville-Mézières prend en charge une partie de l'aide sociale aux étudiants avec la mise en place d'une allocation d'études. C'est le désengagement de l'Etat, qui refuse d'assumer ses responsabilités, qui a contraint la ville. La loi Pécresse en renforçant l'autonomie financière va faire reposer de plus en plus souvent le cout des études suppérieures à Charleville-Mézières sur les finances locales dont la fiscalité est injuste ou bien sur le budget des étudiants ou de leur famille.

 
C'est aussi contre cela que notamment les étudiants à Reims sont mobilisés.

Publié dans Education

Commenter cet article