Les hôpitaux ne sont pas des usines

Publié le par Claudine LEDOUX, Maire de Charleville-Mézières

undefinedLe gouvernement vient de décider d'introduire une prime de rendement  dans la rémunération des chirurgiens. Cette logique me semble inacceptable. Elle fait peser de graves risques sur la qualité des  soins. Le "vite fait-bien fait" n'est pas compatible avec une médecine  correcte.

De plus, cette manière de rémunérer les professionnels de santé en fonction de leur spécialité est une façon de tenter de les dresser les uns contre les autres. Cela n'est pas acceptable.

Je pense donc que l’appel à la grève, lancé le 13 avril par les organisations syndicales, est un acte responsable. L'hôpital doit être efficace, mais ne peut fonctionner comme une entreprise, guidée par une  course à la rentabilité. Il s’agit d’un service public, qui, pour  allier l’excellence, la proximité et la dimension sociale, exige des moyens pérennes. La tarification à l'acte, appliquée aveuglément,  introduit une concurrence néfaste.

Une fois de plus, le gouvernement dirige le pays dans une logique d'affrontement avec les citoyens, contradictoire avec l'intérêt général.

Le résultat de cette politique, c'est que les finances de deux tiers des  hôpitaux français sont dans le rouge. C'est une situation que nous  connaissons bien à l'hôpital de Manchester, par exemple.

Le pacte présidentiel de Ségolène Royal prévoit une enveloppe de rattrapage de 2,5  milliards d'euros sur 5 ans. Nous avons par ailleurs besoin d'un plus grand nombre de médecins. Par conséquent, le dispositif du « numerus clausus », qui limite chaque année le nombre de médecins formés à l’Université, sera  massivement assoupli.

Publié dans Services publics

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