Un grand rendez-vous populaire

Publié le par Claudine LEDOUX, Maire de Charleville-Mézières

J'ai prononcé le mot d'accueil pour Ségolène Royal au parc des expositions vendredi dernier.  C'était un grand rendez-vous populaire devant 2 500 ardennais, un moment festif. Quel contraste avec la venue de Nicolas Sarkozy il y a quelques mois !

 
C’est avec grand plaisir et même avec beaucoup de  fierté que j’accueille ce soir à Charleville-Mézières, en votre nom à toutes et à tous, notre camarade et notre amie Ségolène Royal.
Je suis particulièrement heureuse d’être, ce soir, au parc des expositions de Charleville-Mézières.
Figurez-vous que, récemment, l’entrée de cette salle, municipale, m’a été interdite, manu militari.
En compagnie de quelques élus (ils se reconnaîtront), de syndicalistes, d’enseignants et d’agents EDF, j’ai été gentiment séquestrée dehors pendant une bonne heure, entourée par un solide cordon de forces de l’ordre. Il est vrai que les moyens policiers ne manquaient pas ce soir-là. Il n’y avait, excusez du peu, que cinq compagnies de gendarmes mobiles et de CRS mobilisées !
Rassurez-vous, ce soir pour la venue de Ségolène, le service d’ordre a été sensiblement allégé.
Je reconnais que ce soir-là, j’avais tenté de commettre un crime de lèse-majesté : rendez-vous compte, je voulais remettre une motion sur la situation économique et sociale au candidat-ministre de l’Intérieur qui justement venait découvrir « la France qui souffre ».
Voyez-vous, Monsieur Sarkozy aime la France qui souffre, si, si, mais il la visite en se bouchant le nez et les oreilles. Il la visite comme Monsieur Balladur visitait les inondations de 1995 : en escarpins.
Cela doit être le syndrome Neuilly.
 
Donc, Monsieur Sarkozy est un compassionnel. Il a l’âme d’une dame patronnesse. Il aime la France qui souffre.
Mais il l’aime de préférence couchée.
Nous, mes amis, mes camarades, nous voulons une France debout.
 
C’est vrai, la France a mal, c’est vrai, elle souffre. Mais, nous ne voulons plus de ces pompiers pyromanes, de cette droite qui crée le désordre économique, qui accroît les inégalités sociales, la misère, qui abandonne à leur triste sort des territoires de la République, que ce soient des quartiers urbains ou des zones rurales. C’est bien la politique de cette droite qui a mis la France laborieuse à genoux.
Quelle morgue, quelle indécence, à venir ensuite s’apitoyer sur son sort.
 
Les Ardennes sont malheureusement un concentré des difficultés que connaît notre pays. Un taux de chômage (officiel) de plus de 13%, 7500 allocataires du RMI. Tous les indicateurs sociaux sont au rouge. Nous prenons de plein fouet les effets d’une politique libérale, une politique du laisser-faire, du laisser-aller qui favorise les délocalisations ou les agissements de certains patrons voyous.
 
Nous sommes confrontés à un véritable démantèlement industriel de notre département, particulièrement dans la sous-traitance automobile, qui se solde par des fermetures d’entreprises et par des plans massifs de licenciements.
 
Thomé-Génot est rayé brutalement de la carte après qu’un patron américain sans scrupule a pillé l’entreprise en la vidant de tous ses actifs.
Malgré les efforts continus de ses salariés qui ont fait de leur usine un modèle de rentabilité au sein du groupe, Visteon est menacé par une délocalisation dans un pays à moindre coût de main d’œuvre.
Chez PSA on s’est séparé d’intérimaires par centaines.
Chez Porcher à Revin on a érigé le mensonge en système de management pour aboutir à des licenciements.
 
Il y en a assez de cette délinquance économique, de cette insécurité sociale.
 
Cette politique crée un profond sentiment de désarroi parmi la population. Elle fragilise aussi notre territoire.
Les élus locaux ont des idées, ils ont des projets pour développer leur territoire. Encore faudrait-il qu’ils en aient les moyens. Encore faudrait-il que l’Etat joue son rôle et qu’il instaure une véritable politique de péréquation fiscale permettant de restituer une égalité républicaine entre les territoires.
Pensez qu’il a fallu que nous mobilisions 300 élus locaux ardennais devant l’Elysée pour que ce gouvernement entende notre souffrance.
On nous annonce la signature d’un contrat de développement économique entre l’Etat et le Conseil général pour ce lundi. Je crains malheureusement que les mesures ne soient pas à la hauteur de la gravité de notre situation et que ce ne soit là qu’un marché de dupes.
Quand on voit le désengagement de l’Etat dans le cadre notamment du projet Etat-Région, on peut craindre que le gouvernement ne fasse que donner d’une main ce qu’il a retiré de l’autre.
 
Aujourd’hui, il y a de l’angoisse dans notre département, nous sommes inquiets pour l’avenir de nos jeunes. 
 
Mais, les Ardennais ont aussi un long passé de lutte et de résistance. L’histoire leur a forgé un esprit de militant et de combattant. C’est ici, sous l’impulsion de Jean-Baptiste Clément et de quelques autres, que l’on s’est battu pour conquérir les premiers droits syndicaux.
 
Nous, Ardennais, savons aussi nous mettre en colère.
 
Les Ardennais, comme les Français, ont été, dans le passé, trop souvent déçus par les politiques, par les promesses qu’ils n’ont pas tenues ou par leurs aveux d’impuissance. Certains ne croient plus à la politique ou se sont égarés.
La droite a déchiré le tissu social, a mis à mal le pacte républicain, a mis la France à genoux.
 
Ségolène, nous t’attendons, pour remettre la France debout.
 
Ségolène, nous sommes debout avec toi. Pour que tu deviennes la première femme présidente de la République française.

Publié dans Entreprises - emploi

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