Présentation du budget municipal 2006

Publié le par Claudine Ledoux, Maire de Charleville-Mézières

 

 L’élaboration du budget est un exercice particulièrement difficile. Cette année encore, il s’est construit dans un contexte de baisse de la dotation de l’Etat. Malgré tout ce que peut dire Bérangère POLETTI, la Dotation Globale de fonctionnement est en baisse depuis 2002 compte tenu de l’inflation, ce qui représente un manque à gagner de 400 000 euros, soit deux points de fiscalité. Le désengagement de l’Etat prend de multiples visages. Par exemple, lorsque la Caisse d’Allocation Familiale n’aide plus les enfants qui déjeunent à la cantine, il faut soit se résigner à priver certains enfants du seul repas correct qu’ils feront dans la journée, ce qui est inacceptable, soit la commune prend en charge et renforce son engagement dans la restauration scolaire. C’est ce choix qu’assume la municipalité, mais il a un coût.

A chaque disparition d’un emploi jeune, les associations se retournent vers la mairie. Dans le même registre, le projet de baisse des subventions de 5% du Conseil Général risque de mettre en péril un certain nombre de dossiers,. Benoit HURE justifie cette attaque par la modification des critères d’attribution, arguant de la proximité de l’A 34, ce qui n’a aucun sens.

 

 

Les impôts locaux stables.

 

 



Le budget a donc été difficile à élaborer. Le potentiel fiscal [1] de la ville est très inférieur à la moyenne. En même temps, puisque les impôts locaux sont parmi les plus injustes, le choix a été fait de les contenir au niveau de l’inflation, contrairement à ce qui a été fait par le conseil général.

Le niveau des impôts à Charleville se situe dans la moyenne des villes comparables. Ils sont à peu près identiques à Reims et Troyes, plus faibles qu’à Chalons.

Comparer les impôts de Charleville avec ceux des communes environnantes comme le fait la droite est malhonnête. Charleville-Mézières est une ville-préfecture. Elle a des charges de centralité [2] que n’ont pas les petites commune environnantes. C’est aussi la raison pour laquelle maîtriser les dépenses est une performance quotidienne.

 

 

Des priorités de dépenses maîtrisées.

 

 



Il faut également constater une explosion de certaines dépenses. La hausse du coût de l’énergie a fait mal au portefeuille de tous les habitants. Pour Charleville-Mézières, cela se traduit par une facture qui a gonflé de 250 000 euros. Le plan d’économie d’énergie à permis d’économiser 70 000 euros sur ce poste de dépenses, il faut poursuivre les efforts dans ce sens.

 

Il faut encore une fois tordre le cou aux assertions de la droite. Charleville-Mézières n’a pas trop d’employés municipaux. Il y a 1 200 équivalent temps plein, c’est-à-dire autant qu’à Troyes, mais les services proposés par la villes sont plus nombreux et plus ambitieux. La contrainte fiscale impose en permanence de ne pas exagérément gonfler les effectifs malgré un certain nombre de nouvelles missions. Cela passe par de nouvelles méthode de travail, en particulier en concertation avec les habitants et par une définition claire des objectifs de la commune. Reste qu’un personnel qualifié et suffisant est important pour rendre un service public de qualité.

La Mairie ne maîtrise que les primes des agents municipaux. Le gel des salaires dans la fonction publique décidée par le gouvernement et son autisme, son refus de négocier ont conduit les personnels de la commune à se retourner vers la ville. Depuis 2001, les primes ont fortement augmenté, mais dans une mesure raisonnable pour les finances de la ville. Là aussi, c’est un choix politique en même temps qu’une nécessité.

 

 

 Priorité à l’investissement.

 

Le budget 2006 est marqué cette année encore par un niveau record d’investissements : 26 millions d’euros, contre 24 en 2005.

C’est la salle de la Ronde-Couture , le marché couvert, la médiathèque, la salle de tennis de table, l’agrandissement du centre social de la Houillère , l’aménagement du site de Baekaert etc… Le grand chantier de réhabilitation de la Houillère , imaginé avec la population, sort de terre, les dossiers pour la Ronde Couture et Manchester sont déposés à l’Agence de Renouvellement Urbain et l’aménagement du quartier de la gare va commencer.

Tout cet investissement public vise à impulser l’investissement privé. Par exemple, à Montjoly, un bowling de 16 pistes et un Lazer kwest (salle de jeu) va s’implanter ainsi qu’une activité de restauration et d’hôtellerie.

 

 

Priorité sociale et cadre de vie. 

 

 

Les autres priorités sont le social et le cadre de vie, la circulation, le stationnement. Tout cela contribue à l’attractivité du territoire.

 

Concernant le social, 80% des embauches du secteur privé à Charleville concerne des statuts précaires. Cela conduit à une aggravation de la pauvreté. La ville va donc éditer un guide de l’aide sociale. La médicalisation du foyer de la Grande Terre va être achevé, un centre d’accueil pour les maladies du type Alzheimer, qui n’existe pas dans le département va être mis en place.

La question d’une allocation pour les étudiants va être mise à l’étude. Vis-à-vis du handicap, Joëlle BARGES est en charge du dossier de l’accessibilité. Elle veille à ce que cette question transversale soit abordée dans tous les dossiers, en particulier dans ceux de Jocelyne FREDERIQUE, qui s’occupe des travaux. Une charte avec les associations d’handicapés à été signée par la ville. Un bulletin municipal sonore, pour les mal voyants et les personnes qui ont des difficultés de lecture sera proposé.

 

Concernant le cadre de vie, le budget voirie/éclairage a plus que doublé depuis 2001 même si les 274 km de rues de Charleville-Mézières présentent encore des carences. Pour y répondre, entre autre choses, les moyens de la gestion urbaine de proximité ont augmenté de 125%. Reste à faire des efforts considérables sur la circulation et le stationnement. Ce sujet technique peut rapidement devenir polémique et faire l’objet d’une récupération politicienne. C’est pourquoi, un groupe de travail comprenant des élus de tous bords a été réuni.

 

 

Priorité au rayonnement de la ville et à l’animation.



L’année 2006, une fois encore, sera une année d’animation. On en vient rapidement à considérer comme normal les événements traditionnels comme les animations de noël. Ce n’était pas le cas il y a quelques années lorsqu’ils ont été mis en place, il ne faut pas l’oublier. Outre le festival mondial de marionnettes, 2006 sera marqué par la célébration des 400 ans de la fondation de Charleville et le 40ème anniversaire de la fusion de Charleville et de Mézières. Ces animations forgent le rayonnement de la commune jusqu’à Reims. La communication est peut-être encore à améliorer.

 

 

La municipalité sait où elle va. 


 

La philosophie générale du budget est de rendre le territoire attractif et disponible, de manière à être en capacité de saisir toutes les opportunités de développement économique. C’est le sens de la rénovation urbaine qui va changer le visage de la commune, c’est le sens des animations qui permettent son rayonnement, c’est le sens de la priorité sociale et de l’amélioration du cadre de vie. Le rôle de la municipalité est de préparer le terrain. Et ça marche : par exemple, il est loin le temps où Charleville-Mézières se vidait de ses activités commerciales.

 


   

[1] Le potentiel fiscal d'une commune est égal à la somme que produiraient les quatre taxes directes de cette collectivité si l’on appliquait aux bases communales de ces quatre taxes le taux moyen national d’imposition à chacune de ces taxes.

[2] Equipements lourds comme le centre aquatique ou la voirie, utilisés par de nombreux habitants des environs de la commune.

Publié dans Charleville-Mézières

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