Dépénaliser le droit des affaires ?

Publié le par Manuel Ramalhete

"Je n'accepte pas que des patrons voyous restent impunis"
Nicolas Sarkozy en campagne à Charleville-Mézières 18 Décembre 2006.

"La pénalisation à outrance de notre droit des affaires est une grave erreur et je veux y mettre un terme"
Nicolas Sarkozy, Président de la République à Paris le 6 septembre 2007.

Cette proposition, sur laquelle travaille le Ministère de la Justice et que Nicolas Sarkozy évoquait à l'Université d'été du Medef puis devant le Tribunal de Commerce de Paris a suscité une réaction de l'ancien juge Eva Joly : "Je ne comprends pas un pays qui responsabilise ses enfants et ses fous et irresponsabilise ses élites: cela me paraît une grave erreur et une absence de compréhension de ce qu'est la criminalité organisée ou la criminalité économique".

Les Ardennais comprennent parfaitement ce qu'elle dit. De Celatex à Thomé Génot, nous avons vécu tout le raffinement de l'irresponsabilité de ces patrons voyous : évasion d'actifs, paradis fiscaux, faiblesse de la procédure devant les tribunaux de commerce, limitation radicale du droit d'alerte pour les salariés afin de prévenir les drames économiques et sociaux,...
Pour autant, il n'est pas question de céder à la tentation démagogique de rejeter la faute sur une poignée de patrons délinquants. Si le désert industriel avance, c'est surtout l'absence de politique industrielle en France et en Europe qui en est la cause.
Les élus de la République, quant à eux, sont responsables devant les citoyens. Ce principe fonctionne à condition que ceux-ci ne tiennent pas un double discours votant des politiques à Paris pour ensuite protester contre leurs effets
dans les Ardennes.

C'est un manque de loyauté vis à vis des Ardennais.

Publié dans Entreprises - emploi

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