Pour une politique industrielle dans les Ardennes

Publié le par Manuel Ramalhete

Le recul de l'industrie dans l'économie et le poids croissant des services dans la création de richesses sont une réalité. Notre département est en train de rater ce rendez-vous. D'après l'INSEE, partout où cette mutation de la production se produit, elle concerne d'abord pour 40% les services aux entreprises, ensuite les services aux particuliers, enfin les services en direction de la puissance publique.

Ce mouvement correspond à une modernisation de l'économie. Renforcer la production de biens manufacturés dans les Ardennes, c'est permettre l'émergence d'un secteur de services puissant. L'un ne se fait pas au détriment de l'autre. Ces dernières années, sous couvert de soutien à l'emploi, la politique économique que nos concitoyens subissent a pris deux directions complémentaires.

Une libéralisation non maîtrisée, non régulée des échanges a exposé notre industrie à la concurrence internationale. L'action publique tend à spécialiser notre tissu industriel sur des secteurs à bas coûts, quitte à apporter un soutien financier à des entreprises qui délocalisent en Chine comme Ardennes Forge. On assiste à une destruction d'emplois d'ouvriers et de techniciens qui ne sont pas compensés par des créations de poste dans le secteur tertiaire.

Ce n'est pas la carte de la concurrence par les bas salaires que nous devons jouer parce que nous ne pouvons pas accepter de tiersmondiser l'économie ardennaise. C'est pourtant ce chemin qui est pris derrière les beaux discours et les "plans de sauvetage" successifs.

Publié dans Entreprises - emploi

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Tom- 13/09/2008 10:25

Le Président a dit ça à plusieurs reprises. A chaque fois lorsqu'une usine était menacée. C'est du coup par coup, pas une politique industrielle. Et encore, les ouvriers de Gandrange ont été trahits.

Bruno Lamothe 13/09/2008 09:34

Un candidat à la présidence de la République avait affirmé haut et fort qu'il allait, lui tout seul, sauver la vocation industrielle de la France. Non seulement, une fois élu, les belles promesses furent oubliées, mais, au surplus, aucune reconversion des bassins d'activité touchés par des fermetures n'est envisagée sérieusement, même si la région essye de relancer la dynamique économique.Mais si les élus locaux de ces territoires, dont les Ardennes au premier plan, envoient au Sénat des partisans de la poltique gouvernementale, ils seront co-responsables de la faillite de la politique industrielle menée actuellement.