L’UMP aggrave la crise politique entre les citoyens et leur gouvernement.

Publié le par PS Charleville

Au moment de notre congrès, nous faisions tous l’analyse d’une profonde crise politique dans le pays. Le souvenir des émeutes en banlieues étaient encore fraîche dans notre mémoire. Face à cette situation, le gouvernement a fait le choix d’aggraver encore cette crise. Il a accéléré la mise à sac du code du travail et de tout ce qui forme la cohésion sociale en France. Préparer 2007 pour la droite, c’est plonger la le pays dans l’univers du chacun pour soit. Pour prouver qu’il est plus dure que Sarkozy, De Villepin a délibérément jeté à la rue la jeunesse et les salariés en espérant leur infliger une défaite sévère comme ce fut le cas au moment de la contre-réforme des retraites ou de la décentralisation. Cette stratégie du pire a échoué. On ne peut pas gouverner la France contre le peuple français. C’est pourtant ce que fait l’UMP en refusant de retirer le CPE et d’ouvrir des négociation sur l’emploi. Le Premier Ministre a justifié son entêtement en disant que l’électorat de droite ne le supporterait pas. On se demande bien où est l’intérêt général dans tout ça. De Villepin s’est enfoncé dans l’impasse, et maintenant qu’il a mis trois millions de personnes dans la rue, il confie le gouvernement du pays à un parti politique : l’UMP.
 
Le Parti Socialiste dans et au côté du mouvement social.
 
Dans cette bataille, les socialistes ont été exemplaires. Nous avons renforcé la contestation du gouvernement. Nous avons fait en sorte qu’un front unitaire, qu’un rassemblement de la gauche politique se construise à l’image de l’unité syndicale. Nous sommes parvenu a faire taire les sectarismes qu’on a pu constater par le passé, notamment à l’extrême gauche. Désormais, chacun est conscient de ses responsabilité devant les citoyens. Si un parti cherche à tirer la couverture, à rompre ce rassemblement, les français ne le lui pardonneront pas. A Charleville-Mézières, depuis le mois de janvier, entre le CPE et la fermeture de La Fontaine, c’est pas moins d’une dizaine de manifestations qui se sont déroulés, d’une ampleur de plus en plus forte. Nous étions présents à chaque fois.
Nos élus ont aussi joué un rôle majeur. Ils ont alerté l’opinion, retardé le processus à tous les niveaux pour permettre à la mobilisation de se construire. Il faut maintenant transformer l’essais.
 
On nous attend maintenant sur nos propositions.
 
Car on nous attend sur nos propositions. Contrairement à ce que les médias ne cessent de répéter, nous n’en manquons pas. En fait, nous en avons trop.
Je vois deux pistes importantes : la question du chômage des jeunes bien sûr, et plus généralement, celle de la solidité de notre économie.
 
Ce que nous disent les jeunes en ce moment, c’est qu’ils ne veulent plus de mesures discriminatoires. La droite utilise l’argument du chômage des jeunes pour précariser tous les salariés. Les jeunes ne veulent plus être les boucs émissaires de nos problèmes d’emploi. Ce n’est pas un contrat de travail X ou Y qui va réduire le chômage. Il faut que notre économie produise plus de richesses.
 
Pourquoi voulez-vous que les entreprises embauchent des salariés si leur carnets de commande sont vide ? C’est donc la question du pouvoir d’achat qui est posée. La proposition du PS d’augmenter le SMIC jusqu’à au moins 1 500 euros d’ici la fin de la mandature me parait être une bonne réponse. Ca n’a rien de démagogique. En euros constants, cela représente 4% d’augmentation par ans, alors que depuis 3 ans, les salaires stagnent de façon dramatique. En fait, c’est un rattrapage du retard que nous avons accumulé à cause de la droite. Et ça ne suffit pas. Sur ces questions d’emploi et de revenu, il faudra réunir chaque année une conférence avec les partenaires sociaux pour obtenir un cadre de négociation : empêcher qu’un dialogue de sourds ne se mette en place comme c’est le cas en ce moment.
 
Ensuite, il faut moderniser notre économie. On le voit bien dans les Ardennes. La droite à mis la recherche en panne, il faut la relancer. Nous avons en France des secteurs de pointe dans l’aéronautique, les télécommunications, la chimie et j’en passe. Il faut les conforter en mettant des dispositifs d’incitation. La recherche, ce n’est pas seulement dans l’affaire des scientifiques et des laboratoires, c’est aussi une question qui concerne les techniciens, les ouvriers. La recherche, ses débouchés concrets, c’est aussi à l’atelier dans l’entreprise que ça se passe. C’est toute la société qu’il faut mobiliser sur ce projet d’économie de la connaissance.
 
Mettre en marche cette économie de la connaissance nécessite des moyens, des endroits où fédérer les énergies. C’est notre projet de lycée des métiers. Il s’agit de renforcer ces lycées professionnels, de bâtir des pôles de formation qui permettront de qualifier la jeunesse, du CAP jusqu’à l’enseignement supérieur, BTS voire licence pro. Il faut aussi profiter de telles structures pour rationaliser la formation continue et en faire un droit au même titre que la sécurité social . Ces pôles permettront aux futurs travailleurs de se frotter aux différentes réalités de leur secteur professionnel, d’être en contact avec des salariés en activité issus de diverses entreprises et d’avoir ce point d’accès essentiel avec l’innovation.
 
Ces structures pourront renforcer le soutien aux jeunes en Contrat d’Emploi Sécurité Insertion. C’est l’alternative au CPE que nous pouvons proposer à la jeunesse. Ce contrat, est une qualification en entreprise à destination des 150 000 jeunes qui sortent du système scolaire chaque année sans diplômes.
 
L’entrée dans le dispositif garantira une rémunération et donnera accès aux droits sociaux attachés aux autres formes de contrat de travail.
Elle sera précédée d’un bilan des savoirs et des compétences acquis et de la construction d’un projet de parcours professionnel.
Pendant toute la période sous contrat, le jeune sera accompagné par un conseiller « référent » de l’ANPE ou d’une mission locale. Les moyens du service public de l’emploi et de l’éducation seront renforcés en conséquence. Les services sociaux pourront si nécessaire être associés à la démarche.

Les entreprises qui accueilleront ces jeunes bénéficieront d’une aide financière, sous forme d’exonération de charges. Cette aide sera majorée et prolongée en cas d’obtention de la qualification professionnelle prévue et d’embauche en CDI à l’issue du contrat. Une surtaxation du travail précaire et un réexamen des compensations actuellement attribuées aux entreprises (22 milliards d’euros) dégageront les ressources nécessaires à son financement.
Dans les entreprises où cela se justifie, la formation du jeune sera soutenue par un salarié « sénior », afin d’encourager la transmission d’expérience et la solidarité entre les générations dans un contexte de départs en retraites massifs.

Alors que le gouvernement veut imposer le CPE sans aucun dialogue social préalable, ce dispositif fera l’objet d’une négociation interprofessionnelle sur l’emploi des jeunes, qui sera lancée dès le début de la législature. Cette négociation nationale sera ensuite déclinée au niveau des branches professionnelles. Les régions, collectivités territoriales chefs de file en matière de formation, participeront activement à la mise en œuvre de ce nouveau dispositif.


Voilà le genre de pistes que nous pouvons explorer ce soir. Je suis sûr qu’il y a d’autres idées que nous pouvons mettre en avant : sur ce que nous devons faire tout de suite pour contrer ce gouvernement, et aussi sur ce que nous devons proposer maintenant aux français comme réponse à la crise politique, à l’attente de tous ces citoyens mobilisés. Nous ferons un compte-rendu de cette réunion, de ce qui s’y est dit, et nous en ferons l’une de nos contributions au projet.

Publié dans Entreprises - emploi

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