Budget municipal de Charleville-Mézières : les erreurs de "Chalenge"

Publié le par Phillippe DECOBERT Secrétaire de section

En remarque à l'article sur l'éducation, Monsieur C nous adresse aujourd'hui le courrier suivant :



Il y a quelques temps, vous vouliez coller Chirac en prison…

Au rythme où la gestion de votre interco se dégrade, vous risquez d’y aller avant lui !

Petit conseil final, l’argumentaire de l’erreur comptable a vécu, essayer la panne informatique !

Bon vent


 


Quelques précisions s'imposent donc : pour commencer, l'erreur comptable ne concerne en rien la communauté d'agglomération. Ce monsieur mélange tout.



Cher Monsieur,

Je ressens comme une jubilation dans le ton de votre courriel. C'est la joie compliquée des gens un peu tordus qui se réjouissent du malheur des autres. Malheur qui en l'occurrence, serait aussi le vôtre, si cette étude était exacte, après tout vous profitez des équipements et de la voirie de la commune. Il se trouve qu'elle n'est pas exacte. Je suis donc au regret de devoir mettre un terme à cette séance de nœud au cerveau.

Je suppose que vous faites allusion au niveau de l'endettement publié dans le magazine Challenge, qui placerait Charleville-Mézières dans une bien mauvaise position. Et bien figurez vous que le chiffre qu'a fournit le ministère est bel et bien bidon. Vous pouvez le vérifier vous-même. La droite ne sait pas gérer Bercy, on s'en doutait et maintenant nous en avons la preuve, ce qui est très inquiétant.

Si vous êtes trop fatigué pour effectuer les recherches, je vous donne un indice : vous trouverez la négligence en question à cette adresse :




Les comptes erronnés de l'année 2004 du ministère des finances.



Elle est à la ligne "annuité de la dette" pour l'année 2004. Le chiffre publié est de plus de 14 millions d'euros. C'est une grossière erreur du ministère. Maintenant, jetez un coup d'œuil aux comptes de 2003, les chiffres sont là :

Les comptes exactes de l'année 2003 du ministère des finances.

Si ce raisonnement n'est pas trop compliqué pour vous, vous constaterez avec moi que la ligne "annuité de la dette" indique cette fois-ci 7,6 millions d'euros. Par quel miracle la ville aurait-elle doublé le remboursement annuel de sa dette en un an ?

Je note au passage, que ce chiffrage place la commune en dessous de la moyenne, et c'est valable pour 2003 comme pour 2004, ce qui est le signe d’une bien meilleur gestion municipale que dans bien des communes, à commencer par la ville de Reims. Nous avons donc encore des marges, même si elles sont très étroites.

Le vrai chiffre pour 2004 est de 7,66 millions d’euros, c’est beaucoup mais cette progression d’à peine 1 % s’explique par le niveau record d’investissement. L’équipe de Claudine Ledoux a estimé que les Carolomacériens et les habitants de cœur d’Ardennes méritent en effet la salle de la Ronde-Couture , le marché couvert, la médiathèque, la salle de tennis de table, l’agrandissement du centre social de la Houillère, l’aménagement du site du Val de Vence. Les habitants ont besoin que s’engage la rénovation de la Ronde Couture et Manchester. Avec l’arrivée prochaine du TGV, l’aménagement du quartier de la gare est vital pour le département. Tout cet investissement public vise à impulser l’investissement privé et à attirer des emplois. Par exemple, à Montjoly, un bowling de 16 pistes et un Lazer kwest (salle de jeu) va s’implanter ainsi qu’une activité de restauration et d’hôtellerie. Ce type de dépense, nul ne peux le payer d'un coup, d'où un recours raisonnable à l'emprunt.

La municipalité socialiste parvient à réaliser ce tour de force tout en maîtrisant raisonnablement les dépenses et ce dans un contexte de désengagement radical de l’Etat. Nous restons bien conscients de nos limites, et de temps en temps de nos erreurs, restons modestes. Mais cette fois, l’erreur est à porter au passif d’un Ministre UMP qui dirige Bercy en dilettante et d’un journaliste pressé de s’ériger en donneur de leçon qui n’a pas pris la peine de vérifier ses sources auprès des services de la mairie.

Si vous n'avez pas confiance dans les chiffres du ministère, et comme je vous comprends, vous pouvez toujours vous référer à ce qu'en dit l'opposition municipale. Elle est obsédée par les dépenses de la ville, ne rêve que de les comprimer, quitte à sacrifier le bien-être de ses habitants et l’efficacité de nos services municipaux. Et pourtant, le groupe municipal UMP/UDF ne contredira pas les déclarations de Claudine Ledoux à la presse : le ministère des finances a bel et bien commis un impair.


Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de toute ma considération.

Philippe DECOBERT.

Secrétaire de section de Charleville-Mézières.

ps : à toutes fins utiles, le Ministre en place à Bercy à cette époque était un certain Nicolas S, sans doute trop occupé à autre chose pour faire tourner correctement la "boutique".



Monsieur C nous fait l'amitié de répondre.

Monsieur,

Comment pourrai-je jubiler devant une situation aussi dramatique? Voici les raisons de ma prise de position, sans pour autant me faire le porte-parole du magazine Challenge :

Vous me parlez de projets d'investissements en référence au "Lazer Kwest", que Shakespeare vous pardonne...

Nous savons tous qu'une ville doit faire des investissements, que ceux-ci se traduisent par la construction d'un Multiplex ou d'un Laser Quest, ils doivent respecter le bien-être collectif et la création d'emplois.

Sans perdre de vue qu'il doivent être calculés en bon père de famille, notamment en respectant le denier public.

Justement, peut-on parler de respect du denier public quand l'implantation d'un multiplex est convenue en plein centre ville, générant des coûts d'aménagement colossaux?

Alors que toutes les études commerciales avaient privilégié la friche Hackers (densité de population, axe autoroutier, investissements lourds d'entrepreneurs aujourd'hui propriétaires d'un bateau qui hélas, ne peut plus larguer les amarres!)

Que répondre à d'autres commerçants du Cours A Briand, dont la clientèle a disparu en quelques mois, en amenant beaucoup à mettre la clef sous la porte et quelques salariés au chômage?

Oui, Monsieur, nous voyons des travaux dans notre ville, mais concentrés dans les faubourgs où vous habitez et dans les quartiers où vous trouvez assez de désespoir pour fonder votre électorat.

Vous me bombardez de chiffres peu éloquents, voici ce que je retire d'Alizé :

Ce qui me choque n’est pas tellement la photo de nos comptes mais plutôt leur projection…

Ainsi, on y voit qu’il ne fait pas bon naître à Charleville aujourd’hui, vu que chaque petit Carolomacérien, qui avait 91 Euro de dette sur le dos en 2003 se voit doté de 261 en 2004… Combien en 2008?


Effectivement la charge d’emprunt a peu évolué à court terme, mais leurs encours ont augmentés de manière spectaculaire. Je conclus que vous misez donc beaucoup sur l’avenir.

Trois hypothèses à cet optimisme :

- Vous savez ne plus être là pour assumer dans quelques années.
- Vous escomptez peut-être un retour des subventions, divisées par deux entre 2003 et 2004? Qu'on le veuille ou non, la France est  endettée de Milliers de milliards d'euro.
- Ou allez-vous tellement améliorer l'attractivité du département que vous voyez la taxe professionnelle exploser?

Si ces chiffres sont si sains, expliquez-moi pourquoi votre EBF fond sous les frais de fonctionnement et votre CAF devient tout bonnement négative en 2004?

Monsieur, sachez que je ne m'exprime pas au travers de chiffres ou de grands discours, je juge du pas de porte, je ne suis pas un élu!

Je crains de tout façon que cette conversation ne soit stérile. Sachez seulement que l'opinion publique commence à mesurer donner une mesure à tout cela, même si les prises de position se font encore rares…

Bon vent !

C





Bien sûr nous misons sur l’avenir ! Nul ne peut se résigner à laisser notre ville devenir une belle endormie. 2004 fût une année record en terme d’investissement, c’est ce qui explique cette capacité d’autofinancement nette négative. Ca n’a rien d’exceptionnel. D’ailleurs la capacité d’autofinancement s’améliore d’années en années ce qui prouve que le pari du développement est payant. Cela entraîne un surcroît d’activité donc de fonctionnement. Ces dépenses sont parfaitement sécurisées.

Ce qui me surprend, c’est ce soudain intérêt pour Montjoly, Mais je pense que Claudine Ledoux voudra y revenir sous peu.

Rassurez-vous, donc, et merci de toute l’attention que vous portez à la gestion de la ville et à la langue de Shakespear.

Publié dans Charleville-Mézières

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