Visions « scotomisées* » par les odeurs de naphte, les arrières pensées électoralistes ou communautaristes
voire par des relents pétainistes, images bidonnées de France 2, incitations à la haine de tous bords, délires d’un humoriste qui ne fait plus rire, rockets aveugles contre F16 et chars Merkava,
la question du Proche Orient restera encore pour bien des années une verrue indélébile sur l’épiderme de l’humanité.
En France, le P.A.P. « Prêt à Penser » des grands médias parisiens adore, comme au catch, fustiger les méchants qu’ils ont choisis et défendre des gentils autoproclamés et ne s’en prive pas,
comme à son habitude en façonnant une opinion qui oublie facilement l’essentiel, à savoir qu’il n’y a pas de gentils dans cette affaire et que … nous sommes tous responsables ! Pourquoi
?
I Le mouvement sioniste
Né à la fin du XIXème avait entraîné vers la Palestine quelques dizaines de milliers de juifs qui ne s’entendaient pas si mal avec les populations palestiniennes, nullement mécontentes des
affaires réalisées dans les années 30 mais la guerre allait tout changer. L’holocauste de 5 à 6 M de juifs, orchestré par les nazis avec la complicité active de quelques états comme la France et…
tacite du Vatican (qui savait mais s’est tu), a provoqué une massification du mouvement après 1945 et la revendication d’un état qui verra le jour en 1948 après maintes tergiversations
britanniques. Initiée par les pays arabes voisins (Liban, Jordanie, Egypte, Syrie et Irak), la guerre qui s’ensuivit allait, contre toute attente, amener la victoire du nouvel état qui étendait
son territoire dans ses frontières actuelles mais surtout provoquait l’exil de nombreux Palestiniens (par départs volontaires et… par expulsions !) dans des camps de réfugiés d’où un bon
nombre, souvent les plus qualifiés, sont partis vers les pays du Golfe, la Jordanie, l’Egypte voire jusqu’en Amérique du Nord. Malgré cela, une volonté commune des grandes puissances aurait peut
être pu aboutir à une réconciliation et à un état sur le modèle du Liban (avant qu’il ne devienne la proie des extrémistes !) voire à une sorte d’état fédéral. Pourquoi n’en a-t-il rien été
?
1. La région est devenue un enjeu majeur de la guerre froide ! L’Union soviétique a apporté une aide massive aux pays arabes (Jordanie exceptée) et les a littéralement «
surarmés » au point de transformer certaines zones comme la plaine syrienne de la Bekaa en champ d’expérimentation pour ses matériels ! De même, ses réseaux secrets ont largement formé et
équipé les mouvements terroristes palestiniens. Dans ces conditions, les USA où le poids des 2% d’électeurs juifs n’est pas négligeable, ne pouvaient laisser tomber « le domino israélien »
ce qui aurait placé toute la région sous le joug de Moscou d’où un soutien quasi inconditionnel à l’état hébreu.
2. Assad (papa), le Bismarck du Proche Orient, avait développé avec habileté ses jeux machiavéliques en jouant à fond de toutes les aides ou alliances politico diplomatico
militaires grâce notamment aux armes soviétiques dans le but inavouable de reconstituer ce que les syriens appellent la « Syrie naturelle » c'est-à-dire annexer le Liban (qu’ils dominent
déjà), la Palestine, Israël et la Jordanie, voire de prendre le leadership du monde arabe. Assad (fiston) qui ne présente pas qu’une ressemblance physique avec son père, feint la chattemite avec
les USA, soutient le Hezbollah chiite au Liban mais fait la part belle aux frères musulmans sunnites (massacrés par son père à Hama**) dans son pays pour se concilier les pays du golfe et leurs
pétrodollars !
3. La « revanche de Dieu ». La montée du fanatisme religieux n’est pas pour rien dans l’impasse actuelle. Les frères musulmans, dont le Hamas n’est qu’une branche armée,
considèrent que tous les états du monde musulman sont corrompus et qu’il faut placer des islamistes purs et durs à leur tête pour y imposer une dictature théocratique. Disposant largement de la
manne pétrolière et fins connaisseurs des médias occidentaux (T. Ramadan, petit fils du fondateur en est l’illustration), ils déploient leur stratégie mondiale, refusant toute paix et tout
compromis autre que tactique. Dans leur projet, l’une des étapes primordiales est la destruction pure et simple d’Israël qu’ils refusent de reconnaître et ce sont eux qui ont fait
assassiner Sadate par leurs sbires au moment même où l’on n’avait jamais été aussi près d’une paix durable.
Du côté juif, de fortes influences traditionalistes, longtemps marginales, se sont faites beaucoup plus fortes notamment après les années 60 avec la montée en puissance du mouvement
loubavitch qui a trouvé de puissants échos notamment sur le continent américain. C’est dans cette mouvance que l’on retrouve les colons extrémistes et quelques partisans du grand Israël
biblique qui malgré leur petit nombre peuvent faire pencher les coalitions gouvernementales dans une démocratie parlementaire.
II Un problème géographique et économique autant, sinon plus, que politique et religieux
?
Air connu : Les français ne connaissent rien à la géographie (ce n’est pas Darcos qui va y remédier, au contraire !) et pourtant la clef est bien là, à condition de comprendre qu’Israël et la
Palestine, ce n’est pas plus grand que la Champagne Ardenne, de plus avec un gros morceau de désert d’où une surpopulation des régions plus hospitalières. Après 1948, la croissance
démographique des territoires et camps palestiniens a été l’une des plus fortes du monde (8 enfants par femme et maintenant encore 5,51 à Gaza), l’aide alimentaire extérieure permettant de
nourrir (à peu près) ces populations et aux américains de soutenir leurs « farmers » par une B.A. Pour suivre, il eut fallu une croissance économique à la chinoise, de la recherche, des
universités, des entreprises de pointe façon Taïwan ou Singapour et l’argent du pétrole comme l’aide internationale pouvait y contribuer. Mais le premier a davantage servi à construire des
mosquées, à former des imams fondamentalistes, à financer » des conseillers militaires et des armements et la seconde, quand elle n’a pas été dilapidée, a surtout permis de former des cadres et
des talents qui n’ont eu de cesse de se monnayer sous d’autres cieux.
Plutôt qu’une entente avec Israël, esquissée à l’époque de Sadate et Beghin, la stratégie sans espoir : attentats et missiles de la haine contre blocus et répression impitoyable se perpétue. Et
si seulement Satan dans son incommensurable bienveillance avait insinué dans le cœur de ces deux peuples descendants d’Abraham ce mot abominable, épouvantable, inoui : LAÏCITE mais ne
rêvons pas !
Comme d’habitude chacun y va de sa lâcheté, les USA soutiennent Israël, Les Russes par tradition, les musulmans par religion, la France et les Occidentaux (Allemagne exceptée…on sait pourquoi)
par intérêt pour les juteux marchés du Golfe, les Palestiniens. Quant à l’extrême gauche, on a vu Besançenot manifester avec des gens louant Hitler et regrettant son œuvre inachevée ! Pourquoi ne
pas réclamer non plus la réouverture du Struthof ?
Et on finira par aboutir à la moins mauvaise des solutions : un cessez le feu qui permettra à chacun de crier victoire et de se féliciter de ses positions jusqu’à ce qu’un barbu fanatique ne
décide à nouveau de lancer de nouvelles rockets qui ne manqueront pas de faire ronfler les cylindres des Merkavas.
* scotomiser : littéralement supprimer une réalité de la conscience, ici le mot est utilisé dans le sens qu’utilisent les ophtalmos pour parler d’une pupille volontairement dilatée (en vue d’un
examen)
** 25000 personnes y ont été tuées en 1982 dans l’indifférence générale de l’opinion internationale.
Par Raymond Stévenin
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Publié dans : PS étincelle
Mardi 13 janvier 2009
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