Il n'y a pas de fatalité à une croissance faible

Publié le par PS Charleville

Il n’y a pas de fatalité à une croissance faible et à la persistance d’un chômage élevé. Notre pays a des atouts considérables, sa jeunesse, la qualité de sa main d’œuvre et de ses services publics, sa capacité à se mobiliser sur des grandes causes. Mais la France est aujourd’hui mal dirigée et mal gouvernée.
 
Ni la situation européenne ni la conjoncture mondiale n’expliquent la forte croissance de la France au cours des années 1997-2002. La croissance française a presque doublé entre les années Balladur-Juppé et les années Jospin (passant de 1,7 % à 3 %), alors même que la croissance de la zone euro n’a connu qu’une accélération modérée (de 2,3 à 2,6 %) et que la croissance mondiale est restée inchangée (autour de 3,3 %).
La forte croissance de ces années a résulté du dynamisme d’une consommation stimulée par l’ampleur des créations d’emplois et la baisse du chômage, ce dynamisme engendrant lui-même une forte croissance de l’investissement.
Depuis 2002, la croissance française est redevenue très faible (1,5 %), alors même que l’économie mondiale connaissaît une croissance exceptionnellement forte (4,4 %).
Croissance moyenne et créations annuelles d’emplois en France
 
Balladur-Juppé (4 ans)
Jospin (5 ans)
Raffarin-Villepin (3 ans½)
Monde
3,2 %
3,3 %
4,4 %
Zone Euro
2,3 %
2,6 %
1,4 %
France
1,7 %
3 %
1,5 %
 
La croissance se mérite, se prépare. Cela implique que le pays fasse un effort massif en direction de la recherche, de l’atelier jusqu’au laboratoire, afin que nous soyons en capacité de maintenir et de conforter notre avance dans les secteurs de pointe. Pour que les entreprises embauchent, il faut que leur carnets de commande se remplisse. Cela implique que le pouvoir d’achat des français, en particulier les plus modestes soit renforcé.
 
1°) Augmenter le pouvoir d’achat des salaires

- par le développement de la négociation sociale (notamment sous l’impulsion d’une conférence nationale annuelle tripartite),
- augmenter le SMIC à 1500 Euros au moins sur l’ensemble de la législature,

La croissance et des emploi, c’est une chose, la qualité de ces emploi en est une autre. On nous a beaucoup reproché dans les entreprises une augmentation de la précarité et de l’intensification du travail. Il faudra revenir sur le saccage du code du travail auquel se livre la droite. Parmi nos propositions, deux pistes sont à suivre : pénaliser le recours abusif aux contrats précaires et ne plus accorder de cadeaux fiscaux sans contre-partie en emploi solides.
 
2°) L’objectif d’un plein emploi de qualité

  • - diviser par deux le chômage en ramenant le taux de chômage sous la barre des 5 % d’ici la fin de la législature,
    - diviser par deux la durée moyenne du chômage en la ramenant au dessous de 6 mois,
    - augmenter fortement le taux d’activité des jeunes et des seniors,
    - refaire du Contrat à Durée Indéterminée le socle du droit au travail en abrogeant le CPE et du CNE et en modulant les cotisations Unedic en fonction du nombre de formules précaires et de la durée des contrats.
 
On ne peut pas faire le socialisme dans un seul pays, c’est la grande leçon que nous a laissé François Mitterrand. On ne peut pas relancer tout seul dans notre coin la croissance et l’emploi sans nous coordonner avec nos voisins immédiats que sont l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Espagne et l’Italie. Cessons de nous lamenter sur l’Europe, reprenons l’initiative, faute de quoi, on laisse tout l’espace politique à une conception anglo-saxonne, libérale de l’Union Européenne. 2007 sera aussi l’année de la reprise des discussion sur l’avenir de l’Union si l’on en crois les Président de la commission et du parlement. Proposons aux 25 un nouveau processus constituant démocratique qui permette d’aboutir à un texte simple, qui rappel les valeurs de l’Union et clarifie les responsabilités de chacun.
 
3°) L’Europe au service de la croissance et de l’Emploi

  • - créer un gouvernement économique de la zone Euro (Eurogroupe) et renforcer le pilotage économique de la zone avec un objectif d’emploi, de croissance et d’innovation clairement affirmé
  • - renforcer le contrôle démocratique de la BCE et inclure dans ses objectifs la croissance et le plein emploi,- donner à l’Europe la capacité d’investir dans l’avenir en portant le budget européen à 2 % du PIB et en faisant à terme du budget de la recherche le premier budget de l’Union.
 

Publié dans Entreprises - emploi

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