Précarité à Charleville-Mézières ? A qui la faute ?

Publié le par Philippe DECOBERT

Dans une tribune d’expression politique parue dans le n°100 de Charleville-Mézières magazine, Mme FAIRY pour le groupe UMP/UDF au Conseil Municipal, feint de dénoncer une « manipulation politique. » Elle accuse la majorité de tenir un double discours au sujet de la précarité. Elle rappelle la prise de position unanime de la gauche contre le CPE et estime que le recours par la ville à des Contrats à Durée Déterminée n’est pas compatible avec cette position de principe. Mme FAIRY reproche à la Communauté d’Agglomération présidée par Claudine LEDOUX d’avoir recours à un Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi, qu’elle assimile trop rapidement au Contrat de Première Embauche parce que la durée d’un CAE serait de deux ans maximum.

Avant de dénoncer la tartufferie dont le groupe « ensemble » fait preuve, j’aimerais féliciter la droite de Charleville-Mézières pour sa tardive prise de conscience. Effectivement, le CPE n’était pas un Contrat à Durée Indéterminée contrairement aux fables que l’UMP de Charleville-Mézières a docilement raconté à l’instar de Messieurs SARKOZY et VILLEPIN. En effet, il y avait très peu de chances dans les faits que les salariés victimes de ce nouveau contrat de louage passent la barre fatidique des deux ans de mise à l’essai sans être débarqués du jour au lendemain de leur emploi sans motif. Mieux vaut tard que jamais, mais sachez que les français sauront s’en souvenir.

C’est en revanche avec beaucoup de perplexité que je cherche en vain dans le brûlot de Madame FAIRY, ou dans toute autre prise de position de notre droite locale, la moindre volonté de remédier à la précarité des travailleurs et singulièrement des employés communaux. Au contraire, l’UMP et l’UDF semblent regretter de ne pas être en mesure de généraliser à tous la gestion des ressources humaine par la politique de la peur au ventre et de la crainte du chômage. On sait aussi que la droite carolomacérienne ne voit dans le personnel municipal qu’une variable d’ajustement pour réduire les dépenses de fonctionnement.

 

Une droite idéologique.

La majorité des créations d’emploi dans le secteur privé à Charleville-Mézières et dans le pays concerne des postes précaires. A Charleville-Mézières, la municipalité de gauche cherche à y remédier en musclant le tissu économique par d’importants investissements publics, de nouveaux équipements (marché couvert, médiathèque) et surtout le programme de rénovation urbaine qui constitue une véritable bouffée d’oxygène pour l’emploi dans les entreprises locales.
 

En ce qui concerne les Contrats à Durée Déterminée, Charleville-Mézières porte une attention toute particulière à la situation des agents municipaux qui sont dans cette situation pénible. Mais c’est le gouvernement de droite qui a érigé la précarité en système idéologique. Ce sont les amis de Madame FAIRY et du groupe « ensemble » qui gèrent le budget de la Nation en amateurs. Ce sont leurs amis et alliés politiques qui naviguent à courte vue et sont incapables de nous dire avec précision et suffisamment à l’avance quelle sera la dotation de la ville, sur quel montant de subventions nous pouvons compter. Et même lorsqu’on nous fait la grâce de nous répondre, bien souvent, les promesses ne sont pas tenues. Quant au Conseil Général des Ardennes, il vient tout simplement de réduire le taux de subvention pour Charleville-Mézières de 20 à 15%.

La droite met le pays tout entier en insécurité sociale et financière, les collectivités locales aussi, tout particulièrement au travers de la  loi de décentralisation que Madame Poletti et Monsieur Warsmann ont soutenue.

 

Le fameux Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi

A propos de ce fameux CAE, un certain nombre de réalités méritent d’être rappelées, y compris vis-à-vis de nos amis communistes qui se sont émus un peu vite à l’unisson de la droite locale.

En tant qu’employeur, la communauté d’agglomération coeur d'Ardennes a aussi une responsabilité citoyenne : celle en particulier d’œuvrer à l’insertion des chômeurs par le travail. Pour cela, il existait des dispositifs comme les emplois jeunes ou les Contrats Emploi Solidarité, soutenus par le budget de l’Etat et que la droite a abolis. Face à la montée de l’exclusion, et malgré le
bidonnage des chiffres du chômages, le gouvernement a du se résoudre à réinventer les emploi aidés qu’il avait consciencieusement détruit auparavant.

Le pragmatisme et l’esprit de responsabilité imposent ici encore que Cœur d’Ardenne utilise le peu d’outils de cohésion sociale que l’UMP et l’UDF laissent à la disposition des collectivités locales. Nous ne méconnaissons pas les graves reculs que comporte le CAE par rapport au CES, mais c’est tout ce qu’il nous reste si nous souhaitons contribuer à la solidarité envers les exclus.

Enfin, contrairement à ce que prétend le groupe ensemble, il est inexact que le CAE est financé à 100% par le budget de l’Etat,
c’est un mensonge. Ce n’est d’ailleurs pas le premier bobard que ces messieurs-dames relayent complaisamment.

 

Une droite irresponsable.

Mais au fond, le plus grave n’est pas là. Madame FAIRY assimile le CAE au CPE. Il y a pourtant des différences fondamentales. Par exemple, on ne peut pas licencier du jour au lendemain un CAE sans motif. C’est au salarié que revient la décision de rompre le contrat s’il souhaite basculer en période d’essais d’une durée normale en vu d’une embauche en CDD ou en CDI.

Avec la crise du CPE, l’UMP est entré dans une logique d’affrontement général avec le peuple français. Ce parti et le gouvernement en sortent totalement essorés, discrédités. En cherchant à amalgamer les responsabilités de la gauche et de la droite dans cette affaire, le groupe ensemble s’exprime dans un registre politicien qui ne lui fait pas honneur. Surtout, essayant d’entraîner la gauche dans sa chute, il laisse entendre qu’il n’existe pas d’autre alternative à la politique libérale et sécuritaire que l’extrême droite.

Publié dans CPE-CNE

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