Haro sur le petit juge

Publié le par Manuel RAMALHETE

Patrice Burgaud comparait devant le Conseil supérieur de la magistrature pour répondre de son instruction dans l’affaire d’Outreau.


Le Ministère de la Justice a durci le ton ces dernières semaines. Il reproche au juge des manquements graves et volontaires à sa mission.


Une telle démarche pose deux questions.


  • Autour de l’instruction Outreau, il y avait le juge d’instruction, bien sûr!, mais aussi un Juge des libertés, un Procureur, trois magistrats de la Chambre d’accusation, un Procureur général de la Cour d’appel et bien d’autres.

Pourquoi un tel acharnement à ne poursuivre que le seul juge Burgaud ?



  • Hasard des calendriers !

Le juge Burgaud est poursuivi trois années après la fin de l’affaire d’Outreau.

Nicolas Sarkozy annonce il y a quelques semaines la fin des juges d’instruction.

Hasard des calendriers ?



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Tom- 07/02/2009 10:01

J'avais même pas pensé à cet aspect précis de la question.

Merci !

Nicolas 06/02/2009 20:37

La chambre de l'instruction (et non plus de l'accusation depuis 2001) et son président ont une obligation de contrôle, voire même plutôt de surveillance, des cabinets d'instruction. Si Burgaud a commis des erreurs, ils ne pouvaient que le savoir...
Quant au Procureur de la République, rien d'étonnant à ce qu'il n'ait pas voulu libérer les innocents de l'affaire. Finalement, c'est son rôle, mais ce qui est glaçant, c'est quand on pense que la droite va bientôt lui transférer l'instruction !

Burgaud est donc bien un bouc émissaire.

Bruno Lamothe 05/02/2009 21:06

La commission d'enquête sur les dysfonctionnements de l'affaire dite "d'Outreau" s'est prononcée contre la suppression du juge d'instruction malgré les graves manquements à la déontologie (sans parler du code de procédure pénale) constatés.

Ce juge mérite d'être sanctionné, parce qu'il a commis des fautes lourdes, graves et qu'au surplus, il persiste et signe.

S'il devait être dit, à l'issue des audiences du CSM, que le juge Burgaud n'a commis aucune faute, alors, paradoxalement, cela remettrait gravement en cause l'existence d'un magistrat instructeur, parce que, définitivement, ces juges apparaitraient aux yeux de la population comme étant néfastes, et ne correspondraient pas à l'idée qu'on peut se faire de la Justice...