Des laitiers en mal de vivre

Publié le par Manuel RAMALHETE

 

Les livraisons de lait en avril seront payées autour de 0,21 € les 1 000 litres.


0,21 € de recettes pour des coûts de production de 0,30 € le litre est intenable pour les exploitations.

C’est d’autant plus difficile que les coûts de la mise aux normes sanitaires des bâtiments ont été importants et financés par l’endettement.


Le démantèlement des outils de gestion collective de la filière a conduit les producteurs à augmenter leur production et les industriels à imposer des prix de plus en plus bas.


L’Etat y a sa part quand il interdit la publication des recommandations du CNIEL* sur le prix du lait.

La régulation concertée a disparu laissant les producteurs laitiers à la merci des industriels.


La grande distribution y a sa part imposant aux industriels des baisses de prix.

Les prix de vente aux consommateurs demeurent d’ailleurs stables.


Cette situation conduit le prix d’achat du lait aux producteurs à devenir la variable d’ajustement des bénéfices des industriels et de la grande distribution.


L’avenir de la filière laitière impose le rétablissement d’une négociation interprofessionnelle du prix du lait au niveau national.


C’est un processus dont l’Etat ne peut être absent.


S’impliquer dans cette négociation doit être plus que nommer des médiateurs.

S’impliquer dans cette négociation, c’est avoir une réelle volonté politique pour faire vivre la filière sans l’abandonner au seul jeu de la concurrence.


* CNIEL : Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière

 

Publié dans Entreprises - emploi

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