Le PS de Charleville-Mézières contre la privatisation de Gaz de France.

Publié le par PS Charleville

Nicolas SARKOZY alors qu’il était ministre de l’économie et des finances a procédé à l’ouverture du capital de GDF. Les socialistes s’étaient à juste titre opposés à cette privatisation partielle. Le chef de l’UMP s’était engagé à cette époque à ce que l’Etat représente 70% du capital de l’entreprise et ne baisse sa participation sous ce seuil. Cette promesse, comme beaucoup d’autres, SARKOZY ne la tiendra pas en procédant à la fusion de Suez et de GDF. La France se plie aux exigences des actionnaires d’une entreprise de distribution d’eau en poursuivant la privatisation de GDF. L’approvisionnement en énergie représente un enjeu économique stratégique pour notre pays. C’est également un défi social. Dès lors que nous ne contrôlons pas les prix de production du gaz, au moins pouvons-nous intervenir sur celui de la distribution. C’est enfin une question de démocratie : le service public, c’est la République concrète.


Myopie des actionnaires.

Depuis 20 mois que le secteur du gaz est libéralisé, la facture des consommateurs a augmenté de 30%. Le prix du baril de pétrole n’a pas grand chose à voir avec cette douloureuse, il s’agit de donner des gages aux actionnaires dont les dividendes se montent pour 2005 à 1,2 milliards d’Euros soit plus que le montant des salaires des gaziers.

Faisant fi d’une loi qu’il a lui-même fait voter, le gouvernement entend maintenant aller plus loin dans la privatisation de Gaz de France en opérant une fusion avec Suez qui possède par ailleurs une firme de distribution d’électricité belge. L’UMP justifie cette décision par patriotisme économique. Suez serait menacé par un électricien italien. En fait, en volant au secours des actionnaires privés de Suez, en privatisant GDF, la droite met l’entreprise à la portée d’un coup de bourse du géant Russe Gazprom.

SARKOZY et ses amis jouent au monopoly avec ce qui constitue le patrimoine de tous les français. Ils offrent aux « investisseurs » des débouchés supplémentaires pour leurs capitaux et des moyens supplémentaires de le faire fructifier, GDF, quant à elle, ne verra pas la couleur de cet argent. Surtout, ils mettent la main sur les fonds de réserve constitués pour payer les retraites des agents. De « projet industriel » il n’est plus question. Faire fabriquer de l’électricité privée en Belgique par GDF pour concurrencer EDF en France n’a strictement aucun sens. Depuis que le marché de l’électricité pour les grandes entreprises est ouvert à la concurrence, leurs factures ont augmentés de 48%.


Bien public = Service public.

L’engagement des socialistes de constituer un pôle à 100% public de l’énergie avec EDF et GDF a donc fait la démonstration de sa logique et de sa pertinence.

 
L’engagement est logique car les deux entreprises travaillent en synergie depuis la libération. Il est également cohérent car nous devons anticiper la fin du pétrole. Cela implique des investissements à long terme notamment dans les énergies renouvelables et la recherche.
Les Ardennes, et singulièrement les environs de Charleville-Mézières sont d’ailleurs assez bien placés sur ce secteur d’avenir, aussi bien avec la filière bois qu’avec l’éolien. Obnubilé par la rentabilité à court terme, préoccupés avant tout par la spéculation, les capitaux privés ne sont pas capables d’assumer pleinement une telle perspective.

 
C’est aussi un projet pertinent car en socialiste nous considérons que
l’accès à l’énergie fait partie des besoins essentiels de toute personne humaine. Cela implique par exemple un tarif social pour ceux des usagers qui disposent de faibles revenus, aussi bien pour le gaz que pour l’électricité. De même pour l’eau -puisque Suez en vend- notre projet se propose de faciliter la mise en régie publique lorsque les collectivités locales le souhaitent. La distribution d’eau est un secteur très lucratif : les bénéfices des entreprises du secteur sont trois fois plus élevés que dans le reste de l’industrie et par ailleurs, le prix de l’eau vendue par Suez est presque toujours plus chère que celle qui est vendue par un réseau public, est-ce un hasard ?
 

Liquidation avant changement de propriétaire.

Exposer l’avenir énergétique de la France à un coup de bourse n’a jamais fait partie du mandat confié à Jaques CHIRAC par le peuple. Cette proposition ne faisait pas partie du programme UMP des élections présidentielles et législatives de 2002. Ce n’est pas non plus une banale décision de gestion. Cette vision boutiquière de la chose publique exaspère plus que jamais nos concitoyens. La colère, parfois la rage, monte dans le pays. Dans ces conditions, le terme du mandat de la droite à la tête de l’Etat se profile à l’horizon. Evacuer en vitesse la question du service public de l’énergie avant le scrutin présidentiel, c’est assurer aux marchés financiers une part du gâteau, c’est tenter de confisquer un choix majeur qui revient aux citoyens.

Publié dans Services publics

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