Non à la libéralisation de la poste

Publié le par PS Charleville

La société européenne est souvent prise en exemple dans les pays tiers parce qu’elle a réussi, avec plus ou moins de succès, à réaliser la synthèse entre un développement économique encadré et une émancipation sociale progressive de l’ensemble de ses citoyens.


Nous n’avons, par exemple, pas choisi la voie tracée par les Etats-Unis qui ont misé sur un développement économique dérégulé qui a permis la réussite de certains tout en oubliant la détresse sociale d’un grand nombre d’exclus.

Cette société duale, nous n’en voulons pas en Europe. Pourtant, l’observateur avisé remarquera qu’elle s’y installe de manière insidieuse.

En effet, ces dernières années, nous avons assisté à une attitude de mépris des services publics qui fait partie de la culture de cette Commission très libérale qui voue aux lois du marché « libre » un véritable mythe…

Cette conception purement économique de la société moderne ressort clairement de la tristement célèbre directive « Bolkestein » qui, dans sa version d’origine, considérait le travail, la santé, l’éducation, le logement comme des marchandises ordinaires, oubliant que ce que la Commission considère comme de simples services sont, pour les citoyens européens, de véritables droits.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, nous vivons en direct les épisodes parfois

Ces dernières années, l’Union européenne a pris plusieurs décisions successives qui ont eu pour conséquence une libéralisation progressive des services postaux.

Le 18 octobre 2006, la Commission européenne a franchi le dernier pas vers la libération totale des services postaux en adoptant une proposition de directive visant à soumettre à la libre concurrence pour le 1er janvier 2009 la distribution, par nos factrices et nos facteurs, du « petit » courrier, dernier domaine qui n’était pas encore libéralisé.

Pour nous, la Commission a fait un pas trop loin !
En effet, la distribution des lettres par les facteurs que nous connaissons si bien remplit non seulement une mission importante de service au public qui consiste à pouvoir envoyer et recevoir son courrier tous les jours ouvrables de la semaine à un prix abordable mais aussi en une présence réconfortante dans nos quartiers et nos campagnes.

La libéralisation partielle des services postaux décidée par l’Union européenne a entraîné la perte de plus de 30.000 emplois entre 2000 et 2002 dans l’Europe des 25.

Cette directive européenne, si elle devait être adoptée, aura des conséquences néfastes pour les citoyens que nous sommes. Non seulement, et nous en avons la preuve en Suède, pays qui a d’ores et déjà mis cette décision en application, la libéralisation s’accompagnera de pertes d’emplois importantes dans ces services, d’une augmentation des prix mais encore, cette décision affectera les plus isolés et les plus faibles d’entre nous qui ne seront jamais des clients « rentables » pour les entreprises privées.

Bientôt, le Parlement européen devra se prononcer sur cette question et il est donc temps de lui faire savoir que nombreux sont les citoyens européens qui attendent de leurs représentants au Parlement européen d’empêcher ce dernier de soutenir cette proposition de directive.

Ensemble, très nombreux, faisons entendre notre voix pour que l’on ne touche pas à notre factrice et notre facteur et aux services qu’elle / il rend à la population !



La Commission européenne a franchi le dernier pas vers la libéralisation totale des services postaux en proposant d'ouvrir à la libre concurrence pour le 1er janvier 2009 la distribution du "petit" courrier, par nos facteurs, dernier domaine qui n'était pas encore libéralisé.

Pour nous, citoyens européens, la Commission a fait un pas trop loin !

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