Cantonales : amplifier le mouvement

Publié le par PS Charleville

Ces élections cantonales confirment une poussée de la gauche et notamment des socialistes, dans tout le pays et dans notre Département. Benoit Sonnet à Fumay est réélu dès le premier tour, Eric Pilardeau devrait être réélu à Monthermé et Claude Ancelme devrait prendre à l'UMP le canton de Vouziers. Les résultats des deux cantons Sedannais restent indécis, mais les socialistes pourraient là aussi conserver Sedan-Est et reprendre Sedan-Nord à la droite. Bertrand Jenin créé la surprise en arrivant en tête à Juniville, profitant d'une division de la droite, d'un travail de terrain et d'une implantation locale dans la durée.

Bernard Dhaussy à Omont et Florian Glay à Monthois, nos deux camarades de l'Etincelle, réalisent des scores plus qu'honorables, voire historiques pour la gauche, dans ce qu'il convient d'appeler des terres de mission.

Plus généralement, pratiquement tous les candidats socialistes réalisent plus de 10% des suffrages exprimés. Mieux, avec 34% des voix, Martine Descartes contraint le Président du Conseil Général à un deuxième tour, de même que Baptiste Touchon, qui avec 18 % inflige un sérieux avertissement à Elisabeth Faille, Première Vice-Présidente de l'Assemblée Départementale.

Seule ombre au tableau, l'amer défaite de notre parti à Nouzonville interroge.

 

Dans le pire des cas, en terme de siège, nous ferions match nul tout en enregistrant des scores en augmentation de plus de 10% tandis que dans le scénario le plus optimiste, nous pourrions obtenir deux, voire trois Conseillers Généraux supplémentaires.

Ce scrutin pourrait sonner comme la première très nette défaite de la droite départementale depuis plus de dix ans, même si pour cela, il faut encore amplifier le mouvement initié par les électeurs dimanche dernier.

 

 

 

Le Front Républicain, ça n'est pas que des mots.

 

Le canton de Fumay mis à part, rien n'est encore gagné. Gardons nous de tout triomphalisme, donc. L'abstention est en très nette progression, si bien que toutes les formations politiques, sans exception perdent des voix en valeur absolue.

Le Front National accroit ses scores. Ne cédons pas pour autant à l'emballement médiatique. Oui, le FN est à 15% en France, soit trois points de plus qu'en 2004. 3%, ça n'est pas une « vague », tout juste un peu d'écume. Non, l'extrême-droite ne talonne pas l'UMP contrairement à ce que l'on a pu lire dans la presse. Si le parti sarkozyste est crédité de 16%, c'est tout simplement parce que de très nombreux candidats de la majorité présidentielle ont préféré se présenter sous l'étiquette « divers droite » ou « sans étiquette », croyant ainsi échapper au vote sanction. C'était le cas de la plupart des candidats Ardennais. Le Président Huré quant à lui, a omis de faire figurer le logo UMP sur ses documents de campagne, comme presque tous ses amis. Ne soyons pas dupes.

Les logos ne sont pas les seuls à avoir disparus. Le programme de l'UMP aussi. Contrairement au Parti Socialiste, la majorité Départementale n'a présenté aucune proposition à la dimension des Ardennes. C'est tout juste si les candidats sortants ont défendu leur bilan. Dépourvu de toute perspective, l'avenir de notre Département est mal engagé. A moins bien sûr que la droite ardennaise change d'attitude, cesse de jouer la politique du chat crevé au fil de l'eau, du saupoudrage et prête une oreille attentive aux propositions de nos élus. On peut toujours rêver d'une commission de contrôle des aides financières aux entreprises, d'une politique industrielle, de transports scolaires gratuits, de collèges rénovés, etc.

Cette fâcheuse disposition qui consiste à ne pas proposer aux électeurs le moindre axe stratégique autorise toutefois de surprenante contorsions.

 

Au soir du premier tour des élections cantonales, Jean-François Copé, le chef de l'UMP a adressé ses consignes de vote aux électeurs : « ni alliance avec le FN, ni front Républicain » au motif que l'UMP n'aurait « rien de commun avec le Parti Socialiste ». Naïvement, nous pensions avoir au moins en commun l'attachement aux principes Républicains. Nous voici définitivement détrompés. A force d'oublier l'enjeu concret de ces élections, la droite a aussi oublié ce que pourrait signifier l'application de la préférence nationale par un seul Conseiller Général d'extrême-droite au Conseil d'Administration d'un collège, dans l'attribution des logements sociaux ou le calcul des loyers, par exemple. Aux soupçons d'arbitraire qui se sont abattus récemment sur la gestion des OPAC, s'ajouterait un racisme institutionnalisé. Après avoir banalisé les dérapages et les propositions de l'extrême-droite, l'UMP entreprend de normaliser ses candidats.

 

Cette faute doit conforter les électeurs dans la conviction que seule alternative à la droite, c'est le Parti Socialiste et une gauche rassemblée. A la veille de ce second tour des cantonales, c'est à nous de le faire savoir.

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