« Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. »1

Publié le par Tom-

 En Démocratie, le peuple est souverain. En République, chaque citoyen détient sa part de souveraineté partagée - 365 jours par an - et pas seulement les dimanches d'élection. Mais les dimanches d'élection, le peuple désigne ses représentants et il indique dans quelle direction il souhaite que ceux-ci orientent la politique du pays, d'une collectivité particulière. Parmi les 365 jours de l'année, les dimanches d'élections avec leurs rites - urnes, isoloirs, bulletins de vote - sont des jours particuliers.

Le coup de bambou m'est tombée dessus mercredi dernier, hall A du parc des expos, 12 h 15, à la porte de la commission de propagande2 : " nos bulletins de vote vont être invalidés, Jean-Paul cherche à obtenir un délai ". C'est Francis Vérita, le coordinateur de campagne qui m'annonce la nouvelle par téléphone. Elle vient d'arriver de Châlons en Champagne.

J'ai du lui répondre un truc du genre " on n'a qu'à en apporter d'autres dans les mairies nous même ; on peut le faire ". Par " on " j'entendais " les militants du Parti Socialiste ". Finalement, ça n'est pas exactement ce qui s'est passé, mais ça s'en approche beaucoup.

Car ce sont en effet les partis politiques et dans les Ardennes, tout spécialement, le Parti Socialiste et le Parti Communiste qui se sont immédiatement mobilisés. Peut-être les partis disposent-ils d'une sorte de mémoire magique. Il faudrait interroger Jean-François Dromby qui m'a parlé d'une situation analogue par le passé pour tirer rationnellement tout cela au clair.

Plus sûrement, ce qui a joué, ce sont

        les vieilles routines que d'aucuns trouvent si ridicules d'habitude ;

        les chaines hiérarchiques jugées ordinairement si pesantes, la discipline, j'ose le mot ;

        les chefs, dénigrés par le commun, sous le vocable péjoratif de " baron " ou " éléphant " dont la connaissance intime du territoire a été si précieuse, la décision si rapide ;

        le dévouement, la loyauté et la compétence des militants, toujours injustement suspects aux yeux du public de raconter des bobards, au point que la seule parole qui compte venant d'un militant, la seule qu'on retient, c'est celle qui dénigre un camarade, malheureusement.

 

Je ne veux pas rabaisser le rôle de premier plan qu'ont joué les services publics, la Poste, les secrétaires de mairie, ni celui des élus locaux, en particulier dans les petites communes (pardon de vous avoir téléphoné trois, quatre ou même cinq fois en trois jours, Mesdames, Messieurs les Maires), ni même celui des citoyens ordinaires qui sont venus nous prêter main forte. Mais ce dimanche matin particulier, à huit heures tapantes, au local de campagne, on n'entendait pas le téléphone sonner. Il n'y avait pas d'électeur privé de son bulletin de vote, frustré d'un choix démocratique, réclamant la possibilité d'exercer son droit. Tous les bureaux de votes étaient pourvus. Nous en avions la certitude et pourtant ça n'allait pas de soit.
Dimanche matin, à huit heure tapante, il y avait de quoi être fier d'être partisan, parce que jamais dans toute ma vie militante je n'avais constaté à quel point les partis politiques, massifs, organisés, vecteurs de mémoire et de culture, concourent à l'expression du suffrage populaire. C'est une leçon dont nous devrions nous souvenir, un constat d'évidence et pas seulement un auto-satisfecit un peu déplacé dans un monde où plus de la moitié des citoyens ne vote pas.




1Extrait de l'Article 4 de la Constitution.
2qui réunit les représentants des candidats, de la préfecture, du trésor public, de la poste,  le tout présidé un juge afin de vérifier la conformité du matériel électoral avec la loi. C'est typique de ce qu'on appelle les formalités.

Publié dans PS étincelle

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